samedi 23 janvier 2016

Au bas du mont des lauriers - Lormont



                                              Balade à vélo. Lumière d'hiver. Photo.

lundi 4 janvier 2016

Banc public



Il y a des bancs, dans des jardins ou espaces publics qui invitent à la lecture. Cela tient à peu de choses : un emplacement légèrement en retrait du flot des passants, une ombre bienvenue, une invite à l’assise confortable… L’idéal étant d’avoir avec sa rencontre, un livre tout frais sorti d’une librairie. Les premières pages vont êtres déterminants et le lieu du frémissement du texte n’y est pas pour rien, il peut imprimer durablement la qualité de la lecture dans sa globalité.
Parfois l’attention est distraite par quelques cris d’enfants, un chien joueur ou un passant téléphonant par trop bruyamment. Cette pause obligatoire, ce relevé du nez devient une respiration, comme pour mieux replonger dans l’ouvrage. La distraction participe du rituel de la lecture en plein air.
Bien entendu la météo ambiante contribue au confort de lecture. Il est pour cela  des demi-saisons idéales où la qualité de l’air le dispute au confort de la température. Il est aussi des bancs qui attendront des jours plus cléments, la photo d'illustration (Biarritz 2007) en témoigne

Lire dans un espace public relève à la fois d’un partage d’espaces et d’un isolement salutaire.

jeudi 3 décembre 2015

Leurre



           Il faut être efficace, pragmatique, condensé et rapide. Ce ne sont pas des mots d’ordre mais des pratiques insidieusement répandues qui créent un mode de fonctionnement quasi obligatoire. Le teaser est un avatar de celles-ci pour le spectacle vivant. Théâtre, danse, marionnettes… Ne sauraient, du moins auprès de certains organismes, se passer de ces mini récits sensés représenter le spectacle, souvent en chantier, ou résumer en deux minutes l’ensemble du projet.
      L’organisateur se déplaçant moins, la conserve vient à lui. Il ne reste plus, dans le meilleur des cas, qu’à la repasser au micro-onde de la programmation et la servir chaude en cours de saison au risque de la trouver peu relevé ou sans grand rapport avec l’emballage.
     On peut imaginer ainsi la disparition du grand marché d’été du produit frais qu’est Avignon off, évitant ainsi déplacement, chaleur et mistral. Si tu ne vas plus à Avignon off , le teaser vient à toi, quitte à créer le très virtuel Avignon teaser off.
Une traduction possible de teaser est : leurre. Une sorte d’appât qui attire le poisson, l’organisateur et en conséquence le spectateur. Poussé à l’extrême, ce qu’à Dieu ne plaise il ne nous viendrait pas à l’esprit, un spectacle vivant ne dépendrait pas de ses qualités propres mais de l’habileté de sa réalisation filmique. De la forme supérieure au fond. En gros une forme innovante de pub, sous couvert de mise en forme artistique.

       Bref, tout cela c’est comme une soupe de légumes. Soit on l’achète en sachet avec ses jolis légumes en couleurs sur l’emballage, un coup de château La Pompe et l’on consomme l’eau chaud aromatisée, soit on prend le temps de faire revenir les légumes, on laisse mijoter l’ensemble dans un bouillon accommodé d’épices variés le tout cuisant à petit feu et l’on a alors des chances de se régaler.

mercredi 18 novembre 2015

La baie de Txingudi





      Avec un blog, on ouvre un espace d’écriture publique. Rien ne nous y oblige. C’est donc une responsabilité, relative mais réelle de proposer à la lecture sa prose aléatoire.
        Comment écrire, comme si de rien n’était, depuis vendredi dernier ? Toute écriture, si elle ne procède pas d’une analyse savante, émotionnelle ou factuelle des événements, ne semble relever que du futile. Cependant, ne pas écrire aujourd’hui en espérant le faire plus tard revient à attendre des jours soi-disant meilleurs ou plus propices, alors qu’ils seront simplement de par leur nature différents certes, mais porteurs de la même trace de mémoire.
      Entre sentiment de flottement, colère sourde, écoutes radiophoniques de paroles analysantes, cris de vengeance, stratégies militaro politiques, reprises d’activités quotidiennes, plaisir de rencontres entre amis, spectacles et expositions à découvrir on passe par des états divers, troublants, douloureux, nouveaux et en croisant des dérives inattendues.
        Voilà donc, une photo accompagnant traditionnellement les textes de ce blog. C’était le week-end dernier où des rendez-vous amicaux et artistiques nous réunissaient créateurs, comédiens et publics dans un cadre des plus agréables, mais si celui-ci fût en son temps le lieu de drames sanglants.

       La baie de Txingudi, loin de l’épicentre du carnage mais au cœur de ses tremblements.

lundi 9 novembre 2015

On the road to the Basque country (et retour)






            Il fut un temps où, pour reposer le moteur de la voiture familiale et étancher la soif des passagers, nous nous arrêtions à Labouheyre boire une limonade en route vers le Sud.
          Il y a longtemps que nous ne traversons plus ce village (on le contourne) et que nous ne buvons plus de limonade (jugée trop sucrée). Grâce aux aménagements modernes, l’aller-retour, Bordeaux – Bayonne peut se faire confortablement dans la journée et ce non-stop, si ce n’était l’âge et ses contraintes physiques. Le paysage est devenu un rien Texan, un peu dénudé, plus âpre où l’horizon a fortement reculé  au détriment des pins qui jadis en limitaient l’horizon. Et qui aurait prévu un Mac Do à la hauteur de Castets, quand on n’imaginait pas que l’on puisse manger non seulement un petit bifteck préalablement haché, mais qui plus est entre deux morceaux de pain souple au pays de la garbure et de la miche de cinq ?

            Mais de là à nous laisser croire que la Leyre pourrait devenir le Rio Grande, il y a un pas que nous ne franchirons pas ou alors seulement avec une paire d’échasses.

mercredi 4 novembre 2015

Carrelet sur la Dordogne


        




          C’est une pêche où rien ne prévient. Pas de bouchon qui pique du nez dans l’eau, pas de tintement de clochette signalant la prise possible, pas de fil se tendant prémices au traditionnel : « Ça mord ! »
         C’est une pêche de silence, d’attente, de disponibilité. On remonte le filet au bout d’un certain temps, que l’on pense juste, et l’on fait alors le constat du vide ou du plein.
La pêche au carrelet peut déboucher sur une grande joie à condition sans doute de ne rien attendre.

           À méditer.

vendredi 30 octobre 2015

L'actrice répète





            L’actrice interprète, elle donne à voir un personnage. Ses mains disent le tourment intérieur. Le regard grand ouvert recueille les informations possibles et dit sa surprise devant la situation révélée. La bouche entrouverte retient et mesure les paroles qui vont sortir.

            L’actrice travaille, elle répète, suivant l’expression partiellement juste. Peut-être un jour verra t’elle cette photo. Elle sera sûrement surprise de se voir, mais trouvera le moment où elle en était de son travail. La photo ne témoignera que d’un passé. Il lui faudra retrouver l’état sans ces mêmes points d’expression. Refaire et réinventer.